L'Acadien Roméo LeBlanc s'est éteint

Publié à 0h00 le jeudi 2 juillet 2009

Ancien enseignant, journaliste, politicien, sénateur et gouverneur général du Canada

A1
Source: L'Étoile-Dieppe

Le 24 juin, une triste nouvelle a secoué le Canada, plus particulièrement l'Acadie, après l'annonce de la mort du premier Acadien à occuper les fonctions de gouverneur général du Canada, soit Roméo LeBlanc, 81 ans. M. LeBlanc était atteint de la maladie d'Alzheimer depuis des années et il a rendu l'âme paisiblement à sa résidence, à Grande-Digue.

Originaire de l'Anse-aux-Cormier, dans la vallée de Memramcook, Roméo LeBlanc était le cadet d'une famille de sept enfants qui s'est distingué brillamment dans plusieurs carrières, d'abord dans l'enseignement et par après comme journaliste parmi les plus chevronnés au Canada. On se souvient essentiellement de lui alors qu'il était député à la Chambre des communes de la circonscription fédérale de Westmorland-Kent (1972 à 1984) et comme ministre des Pêches du pays. En 1995, après avoir siégé au Sénat pendant quelques années, M. LeBlanc accepte de devenir le 25e gouverneur général du Canada, une fonction qu'il occupera jusqu'en 1999.

Son fils Dominic LeBlanc, député actuel de la circonscription fédérale de Beauséjour, nous dévoile quelques-uns de ses plus beaux souvenirs de celui qui était à la fois son père, ami et mentor.

« Il était un parent très engagé, très attentif et très disponible malgré ses obligations de travail. Dans aucun moment je n'ai jamais douté que la plus importante fonction qu'il a occupée était celle d'être papa pour ma sœur et pour moi, et je crois que c'était le temps qu'il aimait le plus », dit-il. Son père lui aurait ainsi laissé le précieux sentiment à l'effet que le service public était une façon importante pour continuer à améliorer le sort de sa communauté et de son pays. « Il m'a aussi laissé l'importance de la compassion pour les gens qui sont moins chanceux que nous et le besoin d'aider les démunis », de préciser Dominic LeBlanc.

S'il s'est mérité des diplômes d'études supérieures de quelques universités de haute renommée, notamment de l'Université de Paris, et qu'il s'est nettement démarqué dans toutes les carrières professionnelles qu'il a occupées au fil des années, Roméo LeBlanc n'a pourtant pu réaliser son premier rêve qu'il chérissait depuis longtemps, soit d'aller à l'école de droit, puisqu'à l'époque sa famille n'avait pas les moyens financiers. « C'est pourquoi il m'a beaucoup encouragé à continuer mes études aussi longtemps que je voulais être étudiant et je crois qu'il était aussi fier de me voir assermenter comme avocat, de faire une maîtrise en droit, que de me présenter en politique car en fait c'est Jean Chrétien qui m'a le plus encouragé à faire de la politique », rappelle le député LeBlanc.

HUMBLE

Pour sa part, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, a souligné que l'ancien gouverneur général était un homme particulièrement humble. « Peu importe les hautes sphères atteintes dans sa carrière, peu importe l'importance du poste, de l'activité ou de l'auditoire, Roméo LeBlanc a toujours été le même homme de Memramcook. Il n'a jamais oublié d'où il venait et il était toujours ravi de rencontrer les gens des petites villes et des villages partout au Canada », a déclaré M. Graham.

Dans un autre ordre d'idée, le premier ministre Graham se rappelle que le regretté Roméo LeBlanc avait également le sens de l'humour. « Comme anecdote, je me souviens qu'à l'âge de 10 ou 11 ans, je me suis acheté un tambour de deuxième main et j'en étais très fier. Une bonne journée, mon père (Alan Graham) avait invité le ministre des Pêches Roméo LeBlanc à venir chez nous. À un moment donné, M. LeBlanc reçoit un appel très important en provenance d'Ottawa et à ce même moment j'avais commencé à battre mon tambour. Tout de suite après, mon père courait à moi pour m'avertir d'arrêter ce bruit assourdissant car Roméo était au téléphone. Or, M. LeBlanc, avec son grand sourire habituel, m'a mis à l'aise en me disant que je pouvais continuer à jouer du tambour aussi fort que je le voulais car ce n'était simplement qu'un appel d'Ottawa! »

FAITS SAILLANTS:

« Je n'ai jamais douté que la plus importante fonction qu'il a occupée était celle d'être papa pour ma sœur et pour moi. » - Dominic LeBlanc

 

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