Disparité entre le Nord et le Sud : les débats continuent

Publié à 0h00 le jeudi 3 juin 2010
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Trois mois après la parution du rapport du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB), qui a dévoilé que le sud de la province reçoit 2,50 $ pour chaque dollar investi dans le Nord par le gouvernement provincial, des questions restent toujours sans réponses dans ce dossier. Un débat organisé par l'organisme 21 Inc. la semaine dernière vient confirmer les inquiétudes des uns et des autres sur l'orientation des investissements gouvernementaux.

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Photo Abdoulaye Diop
Cette photo nous montre, de gauche à droite, Jennifer Dysart, David Michaud, Louis-Philippe Gauthier, Pierre Olivier Pelletier et Alain Parent.

Le débat s'est tenu, le 28 mai, au Danny's Inn de Beresford avec trois thèmes principaux : « rural ou urbain? », « nord ou sud? », « rester ou partir? ».

La discussion a réuni quatre débatteurs, dont Pierre Olivier Pelletier, propriétaire de la Savonnerie Olivier, Louis-Philippe Gauthier, directeur général de L'Étoile, Jennifer Dysart, copropriétaire de Resilient Solutions et Alain Parent, directeur des ventes d'assurances chez Assomption Vie.

Les débatteurs se sont formés en deux groupes de deux personnes, soit le premier groupe (M.Gauthier et Mme Dysart) étant pour l'investissement du gouvernement provincial en milieu rural, et le deuxième groupe (M. Parent et M. Pelletier) optant pour un développement économique plus axé dans les centres urbains du Nouveau-Brunswick. Le modérateur, David Michaud, conseiller bancaire à la Banque Nationale, veillait au bon déroulement du débat.

Bien qu'étant divisé en groupes, chaque débatteur défendait un argument distinct de celui de son collègue de groupe et de ceux du camp opposé.

Deux principaux arguments étaient en faveur d'une présence plus vive des investissements dans le milieu rural. L'un des arguments a été l'argument communautariste de Mme Dysart. Elle estime en effet que le sens de la communauté, qui inclut l'absence de toute promiscuité, comme l'entraide et la convivialité propre aux habitants des petits centres, risque de s'évaporer si des actions ne sont pas prises.

« Je pense que ça dépend de ce que les gens entendent par développement. Si le développement signifie une augmentation de la population, c'est sûr que cette harmonie sociale peut être en péril. Mais le développement pour moi, c'est que les gens aient accès à des opportunités qui leur permettent de bien vivre. »

Le deuxième argument au profit de la stimulation économique en milieu rural fut celui de M. Gauthier. Selon lui, le Nouveau-Brunswick dans son ensemble reste encore une province rurale. À son avis, les Néo-Brunswickois doivent se poser une question fondamentale : où est-ce que nous voulons que nos sous soient investis et comment on veut que notre province se développe?

M.Gauthier constate un manque en ce qui a trait à une politique globale de développement économique de la province. Tout comme André Leclerc, économiste et auteur de l'étude comparative entre le Nord et le Sud, il trouve que la question de la gouvernance locale doit être attaquée de front pour être en mesure d'avoir un développement économique efficace.

« C'est une solution qui, de façon générale, semble simple, mais dont la décision n'est pas facile », fait-il remarquer.

May Khatib, participante, déplore les préjugés dont souffre le Nord. Elle pense qu'une distinction abusive s'opère entre le Nord qui est pris pour une région rurale, et le Sud qui est pris pour une région urbaine.

« Je pense que c'est une division gouvernementale. Je reste à Campbellton, et c'est un centre urbain pour le Nord, ainsi que Bathurst et Edmundston. Et je ne vois pas les investissements comme il faut dans les centres urbains du Nord. »

Développement dans le Sud

Du côté des partisans d'un développement économique dans les grands centres, les arguments ont été non moins convaincants.

M. Pelletier estime que l'expansion d'une entreprise passe absolument par les grands centres. Il n'hésite pas à donner son propre exemple, car pour développer la Savonnerie Olivier, il a dû sortir de son village pour aller à la rencontre des clients. Dans la même foulée, Alain Parent avance l'argument démographique.

« La démographie, c'est un outil qu'on ne peut pas négliger. Mais ce qu'il faut faire, c'est de prendre cet outil-là et faire la synthèse avec les autres outils que nous avons afin de voir quelle sera notre stratégie de développement au Nouveau-Brunswick », dit-il.

Somme toute, M. Parent et M. Pelletier pensent tous les deux qu'un financement accru des centres urbains aura des répercussions positives sur les régions rurales.

Janet Thompson-Price, participante, est du même avis que les panélistes en faveur du développement urbain.

« Quispamsis est une banlieue de Saint John, nous avons vu un nombre important de gens qui sont venus s'y installer à cause du développement économique de Saint John. Des entreprises ouvrent dans la banlieue et tout le monde en bénéficie. »

Les participants s'entendent pour dire que le débat a valu son pesant d'or.

« J'ai adoré le débat. Il y a eu des arguments valables des deux côtés », a mentionné Janet Thompson-Price.

Le prochain débat de l'organisme se tiendra à Dieppe l'automne prochain et les chances sont grandes que le sujet soit le même.

 

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